La cinquième croisade (1217-1221)

16 Fév 2013 | Publié par mus dans Histoire de la littérature française | Le Moyen Âge
Le siège de Damiette par les croisés
Le siège de Damiette par les croisés

Innocent III veut sa deuxième croisade 

La quatrième croisade a été un véritable désenchantement pour le pape Innocent III qui en fut l’initiateur. Le 3 mai 1512 il convoque un Concile, celui de Latran IV, qui se tient dans la basilique Saint-Jean de Latran de Rome le 11 novembre 1215. Il appelle à une nouvelle croisade, mais meurt peu après le 16 janvier 1216 sans assister à l’évènement auquel il tenait tant. Son successeur Honorius décide en mars 1217 d’aller au bout de ce projet. Le roi André II (Hongrie), le duc Léopold VI (Autriche) et le roi Hugues Ier (Chypre) s’y rallient. Frédéric II l’empereur germanique temporise et se contente de promesses, alors qu’en réalité il ne veut pas se croiser.

André II s’adonne au pillage

Parti début octobre 1217, André II et Léopold VI sont les premiers à arriver aux Lieux Saints. Mais la  croisade du Hongrois peut être assimilée à une expédition, puisqu’il ne fait que piller tout sur son passage et rentrer chez lui avec un important butin. Il accepte néanmoins de laisser une partie de son armée sur place à Acre (Palestine) avec Léopold VI, Hugues Ier et Jean de Brienne (roi de Jérusalem déchu), qui les avaient rejoint peu de temps après. Mais Jean de Brienne comprend qu’il est trop risqué d’attaquer Jérusalem pour deux raisons : les croisés ne peuvent pas être ravitaillés car la ville est trop loin de la mer, et s’ils s’en emparent il serait impossible de la défendre ensuite devant une armée musulmane étant donné l’état de ses remparts. Il a une autre idée derrière la tête. Templiers, hospitaliers, barons syriens et chypriotes, croisés l’approuvent quand il propose de s’attaquer plutôt à la tête c’est-à-dire au sultanat ayyoubide d’Egypte. S’ils arrivent à conquérir Alexandrie ou Damiette ports important de ce puissant Etat musulman qui contrôle Jérusalem en comptant sur l’effet de surprise, ils pourront négocier l’échange avec la ville sainte.

Quand Pelage Galvani ruine tous les espoirs

Les croisés s’embarquent le 27 mai 1218 finalement en direction de Damiette, port stratégique qui donne accès vers le Caire sans traverser le Nil, qu’ils atteignent deux jours après. Le siège dure jusqu’ à novembre 1219 et épuise tout le monde. Les croisés s’emparent de la ville, qu’ils mettent à sac, le 5 novembre 1219. Ils ferment même les mosquées, et ouvrent des églises pour en faire une cité chrétienne. Malik al-Kamel qui a remplacé son père (décédé le 31 août 1218) à la tête du sultanat, propose contre le retrait total des croisés la restitution du Royaume de Jérusalem. Mais Pelage Galvani (fanatique légat du pape de cette croisade), soutenu par les représentants des ordres militaires et des communes italiennes, s’y oppose et passe outre l’avis du principal intéressé Jean de Brienne, dont le but est juste de récupérer son royaume. C’est que le représentant du pape est devenu soudainement gourmand après ce succès, il veut aller plus loin dans la conquête du sultanat. L’Armée occidentale prend la route du Caire mais mal lui en prit. Comme si c’était une malédiction, elle est surprise et décimée par une soudaine crue du Nil. La victoire acquise il y a quelques semaines, se transforme en cauchemar à cause de la cupidité de Galvani. La capitulation est  irrémédiable, les croisés obtiennent  en échange la possibilité de reprendre la mer. Ils quittent la place le 7 septembre 1221 pour rentrer.  On imputera plus tard à lui et  Frédéric II, qui n’a pas rejoint les forces occidentales, l’échec d’une croisade qui avait soulevé de grands espoirs parmi les chrétiens aussi bien d’Orient que d’Occident.

 

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