La deuxième croisade (1147 – 1149)

9 Fév 2013 | Publié par mus dans Histoire de la littérature française | Le Moyen Âge
Saint Bernard prêchant la croisade
Saint Bernard prêchant la croisade

La croisade de Louis VII et de Conrad III

Victorieux lors de la première croisade, les croisés établissent un nouveau royaume chrétien à Jérusalem. Des ordres de chevaliers comme les Hospitaliers et les Templiers voient le jour. En 1100 Godefroy de Bouillon (Avoué du Saint-Sépulcre) décède, son frère Baudouin (dit le Lépreux) est couronné le 25 décembre de la même année roi de Jérusalem. La paix reste précaire, elle n’est maintenu que grâce à la manipulation des tribus arabes que la rivalité opposent et qui s’entredéchirent sans cesse. Mais la vraie menace va encore venir des Turcs.

Le 24 décembre 1144, la forteresse frontalière d’Édesse tombe et le Comté est repris aux chrétiens par  Zengi de Mossoul (Irak). Le royaume chrétien de la ville sainte, l’Occident chrétien et la chrétienté même sont de nouveau menacés. Bien que tardivement, le pape Eugène III émet le 1er décembre 1145 la bulle pontificale Quantum praedecessores pour appeler à une nouvelle croisade. Son appel reste sans échos. Et c’est Saint Bernard de Clairvaux (moine et réformateur français. Il est canonisé par l’Église catholique en 1174)  grande figure de la Chrétienté orateur notoire de l’époque qui se charge de convaincre. En mars 1146 il prêche à Vézelay à côté du roi de France Louis VII devant des milliers de personnes, promettant grâce et l’absolution de tous les péchés commis à ceux qui se joindront aux croisés. La foule est conquise, elle s’empare de toutes les croix qu’il avait préparées, des centaines d’autres en réclament. Il sillonne ensuite l’Europe pour rassembler des combattants pour stopper et refouler les Turcs chez eux. Cette seconde croisade il la veut populaire. En décembre de la même année, il obtient la participation de Conrad III, empereur du Saint Empire romain germanique. Plus que cela, d’autres souverains européens se joignent à l’entreprise. On citera Aliénor d’Aquitaine, reine de France ; Ier de Dreux, frère de Louis VII ; Thierry d’Alsace, comte de Flandres ; Alphonse Ier Jourdain, comte de Toulouse et bien d’autres nobles et évêques.

Conrad III n’attend pas Louis VII comme convenu. En avril et mai 1147 des armées germaniques, fortes de 100 000 hommes, quittent Nuremberg et Ratisbonne en direction de Constantinople. Alors que les armées croisées françaises parties en juin arrivent dans cette ville en octobre 1147, celles de Conrad III se faisaient massacrer à Dorylée (Turquie) le 25 du même mois par les Turcs Seldjoukides de Kılıç Arslan. Principales forces des croisés, elles perdent les neuf dixième de leurs effectifs. Autant dire que cette croisade dite populaire est vouée à l’échec.

Arrivés à Saint-Siméon les forces françaises sont accueillis par le comte de Poitiers, alors prince d’Antioche (ville de Turquie près de la frontière syrienne). Celui-ci tente de convaincre Louis VII de conquérir Alep (Syrie) tenue par Nûr-el-Dîne et les Zengîdes qu’il considère comme les ennemis les plus dangereux. Ceux ci ambitionnent d’unir tous les musulmans pour « purifier » la Syrie et la région en la débarrassant des chrétiens. Mais le roi préfère rejoindre Jérusalem, qui n’était portant pas le but de la croisade car celle-ci n’est pas jusque là menacée suite à la chute de la dynastie fatimide. Durant ce séjour en terre sainte, le souverain français prend même la décision d’attaquer Damas alors que Foulques d’Anjou roi de Jérusalem avait avant son décès conclu un traité de paix avec l’émir de cette ville. Après un siège de quelques jours, le roi décide  de se retirer avec ses hommes d’autant plus qu’il ne peut plus compter sur Conrad pour mener à bien cette seconde entreprise sainte. C’est la fin de la deuxième croisade, qui n’a été qu’une succession d’échecs et d’humiliations. Les croisés rentrent chez eux après avoir perdus une bonne majorité d’entre eux, et sans aucune victoire militaire. De Rome aux évêques, en passant par la cour du roi de France, on impute l’échec de ce pèlerinage guerrier à Saint Bernard. Il souffrira longtemps de cette humiliation. Défaits lors de la première croisade à Dorylée, les Ottomans quant à eux ont pris leur revanche sur le même lieu de bataille.

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